De retour de La Gacilly pour le Festival Peuples & Nature, après un voyage en Corrèze, j’ouvre mon ordinateur et je lance mon lecteur de fils RSS, Feedreader. Un énorme flot d’articles me submerge, quatre jours seulement sans consulter mon lecteur, dans ces cas là il faut élaguer sévère sinon je passerais plusieurs nuits et jours à tout consulter. Par contre, je garde pour le lendemain tous les articles des deux photoblogs de deux journaux américains, le Boston Globe et le Wall Street Journal. Il y a deux articles du premier et sept du second. La confrontation est flagrante, d’un côté des tirages de très grandes dimensions, de nombreuses belles images, mais un malaise, trop souvent les images sont sursaturées, un post traitement évident, mais pas forcément visible de tous, transfigure les photographies de certaines expositions en de véritables créations graphiques. On sort de la photo, on est dans un autre monde inaccessible au commun des photographes. De l’autre, un flot d’images renouvelé presque quotidiennement et qui contient toujours quelques perles. À ma gauche, de nombreuses images posées, préparées, issues de travail prolongé ou faisant appel à de gros moyens, de l’autre côté, des images de photojournalistes travaillant souvent dans l’urgence et qui, pourtant, produisent des images fortes et de belles compositions. Un flot d’images régulier qui vous dégouterait parfois de faire des photos.
Personnellement, je conçois la photographie plus comme la capture de moments fugaces, non prédictibles, en fait l’essence même du surréalisme comme la démontré Susan Sontag (Sur la photographie). Contrairement à un collègue qui a la démarche inverse, je pars en quête d’images sans vraiment d’idées préconçues, je tourne autour du sujet, je scrute afin de trouver l’image quelques soit la lumière et, souvent, “l’image” apparait.
A La Gacilly, parmi toutes ces images, j’ai remarqué plus particulièrement le travail de George RODGER en 1949 sur l’Afrique, un document historique, les images Au cœur des forêts de Christian ZIEGLER, Le peuple des abeilles d’Éric TOURNEREZ (qui a dû utiliser un endoscope ?), quelques belles images d’amateurs sur les forêts. Je n’ai pas tout vu, j’y retournerai en partie pour le travail d’Alex Mc LEAN. Cet article sera sujet à une mise à jour avec des images de l’exposition intégrées dans le site, ce qui fait tous leurs charmes.
Les photoblogs, dont je vous conseille fortement la visite régulière ou l’abonnement au flux RSS, sont le Boston Globe qui présentait ces jours-ci une rétrospective sur les vingt ans des événements de la place Tiananmen et une série d’images sur le cyclone Aila. Une remarque, les photos présentées par le Boston Globe ne sont pas taguées, alors que celles du Wall Street Journal, WSJ, ont des champs IPTC parfaitement renseignés. J’ai l’impression qu’ils mettent le turbo au Wall Street Journal, désormais, à côté Pictures of the Day des deux, trois, quatre et cinq juin, vous avez des présentations thématiques comme sur le Boston Globe : GM’s Many Lives, New York Tower Stings Springfield, Mo. et Homeless and Online in San Francisco. Je ne sais pas après quoi il court ainsi et comment sont payées les photographies. L’avantage avec les images c’est que même sans lire l’anglais, on peut les apprécier, ensuite, éventuellement, il y a les traducteurs en ligne. J’aime beaucoup les images ne nécessitant pas de sous-titres, et je n’apprécie pas du tout les œuvres contemporaines qui ne se comprennent qu’après avoir ingurgité un texte long et alambiqué.
Dans un autre ordre d’idée, je ne regarde jamais les sélections de Reuters dont les images sont parfois présentent dans les deux photoblogs précédents, ni les autres sites du même type, les images y sont présentées en petites tailles et à charger une à une au travers d’une interface apparemment en flash. Rebutant.
Pour m’appliquer à moi-même ces constatations, si je suis courageux, je changerai prochainement la présentation de mon blog.