La disponibilité d’outils très orientés graphisme et animation, la peur de se faire voler ses images ainsi que la recherche de l’affichage de valeurs esthétiques, abouti à la production de sites internet peu ergonomique que les visiteurs apprécient peu, voire les rejettent totalement. Cela est d’autant plus gênant qu’un photographe a besoin de montrer ses images pour exister et que ces pratiques habituelles que je vais détailler produisent l’effet inverse à celui recherché.
Je n’ai pas obtenu l’autorisation de diffuser les résultats de l’étude de Photoshelter auprès 550 acheteurs professionnels et publiés sur son blog-http://blog.photoshelter.com/, pas l’interdiction non plus. Je vais donc en faire un résumé succinct et je vous renvoie à l’original que vous pouvez obtenir sur cette page avec votre courriel.
Pour résumer, ces personnes qui passent leurs journées à rechercher des photographies n’aiment pas du tout perdre leur temps sur des sites peu ergonomiques, ils apprécient par contre que leur navigation soit facilitée, étonnant non ? Ces observations sont d’autant plus intéressantes que ces mêmes acheteurs semblent revenir à des sources plus solides, abandonnant partiellement les microstocks et s’intéressant souvent aux sites des photographes.
Lorsque l’on accorde une grande importance à l’image, l’on désire le montrer en s’affichant sur internet, l’esthétique avant le pratique. Certains vous infligent une animation révélatrice de leur sens artistique, d’autres s’évertuent même à complexifier la tâche de leurs visiteurs, à créer des menus cachés dans leurs images, cela fait aussi artiste ! Seulement, les visiteurs, cela a tendance à leur taper sur les nerfs, et un visiteur contrarié, c’est souvent un visiteur de moins, parfois même un client de moins. Une récente étude de Photoshelter le démontre parfaitement.
Autre aspect, si l’on est d’accord pour montrer nos photos, d’aucuns craignent qu’on ne leur vole. C’est humain, mais alors, toutes ces techniques de dissuasion et de brouillage pour rendre inutilisable les images ou interdire leur enregistrement, est-ce bien raisonnable ? D’une part, toute image affichée peut-être capturée, quelle que soit la technique mise en oeuvre, d’autre part, dégrader ses propres images, c’est en réduire l’impact (vous pouvez aussi découper vos images en de multiples confettis, c’est plus difficile à réaliser, mais cela rend la vie difficile à vos visiteurs, on ne va tout de même pas leur facilité la tâche !). Résultat, les visiteurs sont entravés dans leur navigation et, par conséquent, évitent les sites où l’on ne les accueille pas avec égard. Récemment, j’ai envoyé un courriel au site du WordPresse, je ne pouvez pas utiliser le clic droit, et à cause de cela, je ne pouvez pas lancer la fonction de traduction, pas simplement en fait.
Est-ce que l’on peut réellement nous voler des images ? Oui, et non. Tout à chacun peut capturer une image, et de faible résolution, l’utiliser à des fins personnelles, mais croyez-vous vraiment qu’il soit courant que des professionnels prennent ce risque, et pour quel usage ? Ceux qui ont essayé de pratiquer l’exercice avec le nouveau président de l’UPC savent de quoi je parle. Il me semble que l’on devrait considérer ces images un peu comme des échantillons, comme ces produits que l’on peut gouter au Salon de l’Agriculture ou sur les marchés, une pratique tolérable tant qu’il n’y a pas d’usage commercial.
…/… à suivre